Bière et vin : différences et points communs !

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Bière et vin : différences et points communs !

 

Un article consacré au vin sur Beertime ? L’idée peut surprendre, mais elle n’est pas si saugrenue. Ces deux boissons « rivales » ont bien des points communs, et quelques différences ! Pinte contre ballon, allons voir ça de plus près…

 

Bière et vin, une histoire d’Égyptiens…

Alors qu’on a retrouvé des traces de la « première bière » environ 8 000 ans av-J.-C. en Mésopotamie, les plus anciennes jarres à vin découvertes en Arménie datent de 6 000 ans. Mais la bière et le vin font partie intégrante de la culture égyptienne ancienne. On boit de la bière en toute circonstance, du pharaon au simple paysan. En revanche, dès cette époque, le vin est l’apanage des Égyptiens plus aisés, comme plus tard à Rome et en Gaule sous l’Empire Romain…

 

Proches, mais naturellement différents !

Au chapitre des points communs, bière et vin sont tous deux issus d’une fermentation alcoolique due à la transformation des sucres (raisin pour le vin, orge pour la bière) en alcool. Mais les deux boissons ont traversé l’histoire avec des fortunes diverses selon les époques. Au départ boisson hygiénique et « potable » comme la bière, le vin devient une boisson rituelle et religieuse jusqu’au Moyen-Âge, puis une boisson reconstituante au moment de la révolution industrielle et des grandes guerres. La bière, nommée « pain liquide » à l’origine, a toujours gardé une  dimension rafraichissante, c’est d’ailleurs cette approche plus décomplexée  qui en fait le succès !

 

Existe-t-il des « boissons hybrides » ?

Selon la sagesse populaire, bière et vin ne font pas bon ménage ! Pourtant, plusieurs essais de création de boissons hybrides mélangeant la bière et le vin ont déjà vu le jour. Au Brésil, l’Espanhola est un cocktail mixant vin rouge et bière blonde. Et le mariage champagne-bière brune connaît un grand succès avec le fameux Black Velvet. Sans oublier l’audacieux mélange créé par la compagnie californienne Dogfish, le Noble Rot. Réalisé à partir de « pourriture noble » de raisin (utilisée pour le Sauternes), de pinot gris, de malt à Pils et de blé.

 

Les chiffres en faveur de la bière !

En Europe, la bière l’emporte sur le vin. Dans la majorité des pays européens, elle est plus consommée que le vin. Il n’y a qu’en France, en Italie, au Portugal et en Grèce que l’on boit plus de vin. Les autres pays européens préfèrent largement la bière, en particulier les pays scandinaves et d’Europe de l’Est. Au niveau mondial, la bière devance aussi le vin : 187 milliards de litres sont consommés chaque année, contre 24 milliards de litres de vin. L’équivalent de deux bouteilles de bière pour un verre de vin !
(Sources : Kirin Holding Beer Consumption 2012, International Organisation of vine and Wine 2013.

 

La bière peut-elle un jour concurrencer le vin en France ?

Avec l’avènement de la biérologie, la créativité des jeunes brasseurs et le succès rencontré par les bières artisanales, on ne peut pas nier que la bière retrouve ses lettres de noblesse. De plus en plus de Chefs misent sur elle, en cuisine comme à table. Dans les bons restaurants, vous trouverez bientôt des bières recommandées pour accompagner votre filet de turbot, votre magret de canard aux figues ou encore vos profiteroles. On parie ? Le succès de la seconde Paris Beer Week, qui met à l’honneur les bières artisanales du monde entier que l’on déguste comme des vins, n’est pas un hasard…

 

Le saviez-vous ?
Pourquoi recrache-t-on le vin et pas la bière lors d’une dégustation professionnelle ? Pour deux raisons importantes. La première tient au côté gazeux de la bière, qui impose d’être dégluti pour être apprécié. La seconde vient de la complexité gustative de la bière. Sa saveur principale, l’amertume, est en effet difficile à cerner : lors de la mise en bouche, elle peut être masquée par le goût sucré et/ou acide. Par ailleurs, il existe plusieurs dizaines de récepteurs gustatifs à l’amer répartis dans les différents types de papilles gustatives localisées à l’avant et à l’arrière de la langue, ainsi qu’un nombre important de molécules responsables du goût amer, ce qui rend complexe son évaluation. Du coup, la déglutition est impérative pour pouvoir juger du doux équilibre entre les saveurs sucrées et l’amertume sèche de la bière !