Les convertis : tout lâcher et devenir brasseur

Les convertis : tout lâcher et devenir brasseur

BiÉROLOGiE - Gueules de brasseurs

L’univers brassicole attire de plus en plus de monde et, parmi eux, de nombreux convertis qui ont tout quitté pour sauter dans la mousse. Illusion ou réelle opportunité ? Éléments de réponse avec le témoignage de Nicolas*, 28 ans, qui a décidé de brasser du blé.

Se mettre à la brasse

J’ai une formation d’ingénieur informatique. J’ai bossé pendant six ans en tant que consultant. Quand j’ai commencé à travailler, je me suis mis à brasser de la bière, en amateur. Au début, c’était juste un hobby. Puis j’ai fini par me rendre compte que je préférais ça à mon métier. Après, c’est allé super vite : j’ai commencé avec une bière par mois, puis je suis passé à une toutes les deux semaines, puis une chaque semaine. Comme consultant, je ne me voyais pas d’avenir, je me suis alors posé la question fatidique : pourquoi pas devenir brasseur ? C’était le moment ou jamais.

 

Une reconversion qui décapsule 

J’ai commencé à chercher des opportunités, puis j’ai rencontré un gars qui avait créé sa brasserie et qui cherchait un nouveau brasseur. C’est là où tout s’est mis en place. Je brassais, mais je gérais aussi toute la brasserie – les livraisons, la commercialisation. C’était un poste touche à tout qui m’a bien plu. Ma première appréhension, c’était le changement de mon niveau de vie. J’ai été soutenu par ma famille qui connaissait ma passion pour la bière depuis longtemps. J’avais aussi une porte de sortie, avec mon diplôme d’ingénieur, au cas où. Mais le goût avant tout ! En devenant brasseur pro, il fallait tout réapprendre. J’avais de nouvelles tâches, c’était ce que je voulais faire depuis toujours.

 

Des tips top

Clairement, il faut avoir l’envie, vivre ça comme une passion. En tant que consultant, je gagnais bien ma vie alors ce n’est clairement pas pour l’argent que je me suis lancé là-dedans. C’est l’intérêt que l’on porte au produit, le fait de pouvoir discuter avec des futurs clients, leur faire découvrir de nouveaux produits, expliquer son métier. Au début, il ne faut pas compter ses heures. Il faut de la structure parce que dans une micro-brasserie, il y a plein de choses à gérer : l’embouteillage, l’étiquetage, le conditionnement. Il faut avoir une rigueur maximale sur l’hygiène, et atteindre une certaine constance dans la fabrication parce qu’en tant que pro, tu vends ton produit et les gens s’attendent à ce que ce soit toujours le même.

Et puis il y a de plus en plus de brasseurs qui émergent. Alors il faut trouver sa place, réussir à se distinguer à un prix raisonnable, qui reste dans la fourchette de ce qui se fait dans le secteur. Au final, c’est toujours un bonheur de rencontrer le public. Et la plus grande satisfaction, c’est lorsqu’ils apprécient la bière.

 

* Le prénom a été changé.